
Une pratique millénaire du mieux-être
L’acupuncture est une branche de la médecine traditionnelle chinoise qui existe depuis plus de 5000 ans et qui est aujourd’hui pratiquée à travers le monde. C’est une médecine globale qui cherche à maintenir ou à rétablir la santé.
En calmant ou en stimulant les différents systèmes, elle participe à la santé de l’ensemble du corps.
Selon les recherches scientifiques des dernières décennies , plusieurs des données probantes prouvant l'efficacité de l'acupuncture parlent de ces quatre sujets:
- les douleurs, soulagement à court et à long terme
- la santé mentale, stress, anxiété, dépression
- les dépendances
- différents problèmes rencontrés en obstétrique et périnatalité.
L’acupuncture a une action :
Analgésique et anti-inflammatoire,
Relaxante : L'acupuncture agit sur le système nerveux. Elle a, entre autre, un effet calmant qui lui permet d'avoir une action sur l'insomnie, le stress, l'anxiété et la santé mentale,
Harmonisante : Les traitements d'acupuncture aident à rétablir l'homéostasie ou l'équilibre naturel du corps en influençant les systèmes endocriniens (hormones) et le système nerveux,
Sur le système immunitaire et l'adaptation à l'environnement (allergènes, virus,..),
Réparatrice : L'acupuncture favorise les mécanismes intrinsèques de réparation du corps. L'acupuncture aide la circulation locale, l'oxygénation et la régénération tissulaire. De plus elle a une grande action sur la structure des fascias. Aussi, elle aide à relâcher les tensions musculaires et ainsi redonner vigueur et souplesse aux muscles et tendons.
C’est une médecine curative et préventive. Elle vous aide à vous adapter aux changements qui jalonnent la vie.
Déroulement des traitements
Tout d’abord, un entretien a lieu afin de recueillir les informations nécessaires à l’interprétation du déséquilibre à traiter. Pour assurer une sécurité maximale, l’acupunctrice utilise des aiguilles stériles à usage unique. Les aiguilles sont très fines et la piqûre est quasi indolore. Après la pose des aiguilles, vous pouvez ressentir une certaine lourdeur, de légers engourdissements ou des courants qui circulent. L’acupunctrice peut aussi utiliser des ventouses et de la chaleur. En plus des effets spécifiques liés à la raison de consultation, le traitement procure une sensation de calme tout en apportant un regain d’énergie.
La présence chaleureuse, l’ouverture d’esprit et la qualité d’écoute de Karèya Audet vous plongent dans un état de pleine confiance vous permettant d’être bien disposé à recevoir les traitements.
L’acupuncture est principalement utilisée pour traiter :
Les tensions musculaires, le stress, la fatigue, l’anxiété, l’insomnie, la dépression, les troubles alimentaires.
Les problèmes digestifs: constipation, diarrhée, brûlements d’estomac, reflux gastriques, ballonnements.
Les problèmes respiratoires: asthme, allergies, sinusite.
Les douleurs : migraines, maux de dos, douleur au sciatique, tendinite, torticolis, épine de Lenoir, symptômes de l’arthrite et de l’arthrose, inflammation.
Les problèmes circulatoires : hémorroïdes, œdème, frilosité.
Les problèmes urinaires : incontinence, cystite à répétition, urines fréquentes.
Les problèmes gynécologiques et hormonaux : douleurs menstruelles, cycle irrégulier, syndrome prémenstruel, bouffées de chaleur, certains cas d’infertilité (entre autre, les cas considérés de cause inconnue en médecine occidentale. De plus, l’acupuncture augmente les chances de réussite de la FIV et de l’insémination artificielle).
Les problèmes cutanés : eczéma, urticaire, zona.
Sevrages de drogues et médicaments (tabac, caféine, opioïde…)
Système auditif : otite, certains acouphènes, syndrome de Ménière, labyrinthite, vertiges.
Les problèmes liés à la grossesse : nausée, fatigue, menace d’accouchement prématuré, présentation en siège, dépassement du terme, dépression post-partum, problème d’allaitement. (L’acupuncture est aussi d’une aide précieuse pour préparer l’accouchement : assouplissement du col et du périnée, régulation des contractions).
Ces soins permettent de se sentir bien vivant de la tête aux pieds.
Fertilité, grossesse, préparation à l’accouchement, post-partum, bébé…
En plus des soins d’acupuncture traditionnelle, Karèya Audet offre des soins en périnatalité.
Préconception
L’acupuncture peut jouer un rôle très efficace pour favoriser la fertilité en créant un terrain propice à l’installation de la grossesse, et ce, tant au niveau physique qu’émotionnel.
Acupuncture et grossesse
Durant la grossesse, le corps subit une foule de changements qui ne sont pas toujours sans symptômes. On aura avantage à consulter son acupunctrice une fois par mois tout au long de la grossesse pour un suivi ou plus souvent pour des problèmes plus spécifiques. Le dernier mois, une visite hebdomadaire est conseillée afin de préparer le corps à l’accouchement en calmant les anxiétés, en soulageant la fatigue et en favorisant l’assouplissement du périnée et du col de l’utérus.
Un suivi de grossesse en acupuncture permet de détendre l’utérus et ainsi, prévenir les accouchements prématurés. Cette détente permet aussi au placenta d’être bien irrigué, ce qui est bénéfique pour le fœtus. L’acupuncture a aussi fait ses preuves pour soulager les nausées, l’anxiété, la constipation, l’oligoamnios, le tunnel carpien, les saignements de nez, la sinusite de grossesse et pour aider à modifier la position du bébé en cas de présentation par le siège.
Avant l’accouchement, l’acupuncture aide à débuter le travail en cas de dépassement du terme, favorise l’assouplissement du périnée et peut stimuler la contraction utérine.
Pendant la grossesse l’acupuncture permet de:
soulager les nausées et vomissements
soulager l’anxiété
diminuer la constipation
soulager les troubles circulatoires, l’œdème et les lourdeurs aux jambes
soulager les douleurs lombaires et sciatiques
prévenir les accouchements prématurés
aider à modifier la position du fœtus en cas de présentation par le siège (taux de réussite de 85% d’après des études récentes)
Avant l’accouchement, l’acupuncture permet de :
aider à débuter le travail en cas de dépassements du terme
favoriser l’assouplissement du périnée
stimuler la contraction utérine
Après la grossesse l’acupuncture permet de :
traiter les tranchées utérines
traiter la dépression post-partum et le «baby blues»
réduire le temps de récupération des séquelles de l’accouchement (œdème, épisiotomie, hémorroïdes)
traiter les problèmes d’allaitement (trop ou pas assez de lait) et les troubles du sein
Bébé
Dès sa naissance, le nouveau-né peut être aidé dans son adaptation au monde par l’acupuncture, et ce, en régulant ses systèmes. Que ce soit pour sa digestion, son élimination, sa respiration ou son sommeil, différentes techniques (application de petits collants avec aiguilles d’un millimètre, d’aimants, de billes ou de chaleur sur des points d’acupuncture choisis) peuvent être utilisées pour favoriser le bien-être du bébé.
Quelques articles et textes à propos de l’acupuncture :
Articles du site IFARI :
Fascia : la structure qui unit l'est et l'ouest.
Fascia. Un mot autrefois négligé dans les universités occidentales par la majorité des étudiants en médecine et des professeurs. Le fascia était considéré simplement comme un matériau d'emballage et peu pensaient à son rôle d'intégration important pour que tout fonctionne correctement dans notre corps.
Il y avait des systèmes médicaux, certains vieux de plusieurs milliers d'années, qui avaient une autre perspective sur le corps et connaissaient l'importance de ces structures visibles et tangibles. Et comme d'autres découvertes dans le monde, alors que les premiers explorateurs occidentaux posaient le pied sur le continent fascia, d'autres avaient déjà exploré ce territoire dans une large mesure et avaient élaboré des descriptions et des cartes méticuleuses de la région.
“L'histologie et l'anatomie ont été brillantes pour décrire ce qu'il y a dans le corps, mais elles ont complètement ignoré l'espace entre les choses. Une étude plus approfondie révélera que le concept de Jing Luo Mai fournit une compréhension plus complète de ce réseau de tissu conjonctif.” (Daniel Keown, 2019)
Qu'est-ce que le Neijing ?
Les découvertes et les idées sur ce continent se trouvent dans l'un des ouvrages fondamentaux de la médecine chinoise. Le "Huangdi Neijing", écrit il y a environ 2400 ans. De nombreux chercheurs occidentaux ont étudié ces textes. Parmi eux, le Dr Edward Neal a fourni de nouvelles perspectives sur cet incroyable livre médical pendant plus de 20 ans avec des traductions basées sur des observations cliniques en médecine occidentale et orientale.
Ces textes anciens donnent des descriptions détaillées des tendons et des membranes, qui ressemblent beaucoup aux trajectoires et caractéristiques des chaînes myofasciales et des trajectoires décrites par des chercheurs modernes comme Tom Myers et Luigi Stecco. Tout comme le tissu conjonctif est considéré comme un méta-système capable de nombreuses fonctions physiologiques et structurelles, « les canaux d'acupuncture forment un réseau dans tout le corps, reliant les tissus périphériques entre eux et aux viscères centraux ». (Kaptchuk, 2000). Ce réseau s'appelle Jing Luo Mai et est décrit avec de grands détails anatomiques dans les textes de Neijing. Non seulement vous pouvez trouver des descriptions de l'anatomie, de la physiologie et de la physio-pathologie dans ce livre, mais il existe également tout un système de traitement basé sur des techniques d'aiguille.
Acupuncture et techniques d'aiguille pour fascia
Les anciens Chinois avaient un système complexe et raffiné pour traiter le corps via ces tendons et membranes et l'une des méthodes de traitement utilise la manipulation de ces structures via des aiguilles. Langevin et Yandow (2002) ont proposé que la relation anatomique des points d'acupuncture et des méridiens aux plans du tissu conjonctif est pertinente pour le mécanisme d'action de l'acupuncture et suggère un rôle d'intégration potentiellement important pour le tissu conjonctif interstitiel.
La manipulation de l'aiguille d'acupuncture peut ainsi provoquer une modification durable de la matrice extracellulaire entourant l'aiguille, qui à son tour peut influencer les différentes populations cellulaires partageant cette matrice de tissu conjonctif (par exemple, les fibroblastes, les afférences sensorielles, les cellules immunitaires et vasculaires).
Selon les découvertes de Langevin, la stimulation du tissu conjonctif par l'aiguille d'acupuncture a un impact sur la structure du fascia et la physiologie cellulaire par mécanotransduction. Ce type d'action ressemble d'une certaine manière au concept de Qi qui est au cœur du système de canaux. Bien que le concept de canal ''Qi'' n'ait pas d'équivalent physiologique connu, les termes utilisés dans les textes d'acupuncture pour décrire le terme plus général "Qi" évoquent des processus dynamiques tels que la communication, le mouvement ou l'échange d'énergie (O'Connor et Bensky, 1981 ).
Mais si nous comprenons le Qi sous l'angle du bon fonctionnement des fascias, nous ne découvrons pas une nouvelle acupuncture, mais plutôt un système de traitement basé sur une palpation et une observation attentives, un système dont les principes les plus fondamentaux sont en parfait accord avec le modèle du mécanisme des fascias. (Steven Finando, 2010). Comme l'a déclaré James L. Oschman en 2012, il existe une adéquation presque parfaite entre les approches thérapeutiques du fascia et l'acupuncture.
L'acupuncture classique de Neijing a pour objectif de réguler les différents plans tissulaires du corps afin de rétablir la libre circulation du sang et, ce faisant, de permettre au corps de retrouver son état d'équilibre initial et son auto-guérison innée. (Edward Neal, 2017).
L'acupuncture se distingue des autres techniques travaillant sur les fascias.
1- L'acupuncture peut traiter le fascia profondément à l'intérieur du corps avec un traumatisme minimal pour le reste du corps.
2- L'acupuncture peut influencer le fascia à plusieurs endroits en même temps et avoir des effets sur le site aiguilleté ainsi qu'à distance de celui-ci.
3- Une variété de techniques d'aiguilles (26) sont décrites dans les anciens textes médicaux de Neijing. Beaucoup d'entre eux visent des plans tissulaires spécifiques tels que le fascia.
Conclusion
'' C'est le même corps, et nous avons des points de vue différents à son sujet. Si nous parlons tous du même corps, alors peut-être que le problème qui nous sépare concerne le langage et les métaphores. Je pense que ce genre de travail commence à nous permettre de voir où l'est et l'ouest se rencontrent. '' (Neil Theise, 2018)
L'expérience incommensurable des thérapeutes et d'innombrables articles de recherche confirment aujourd'hui les effets positifs de l'acupuncture sur notre santé également via la méthode scientifique occidentale moderne.
Si le réseau fascia du corps est bien le substrat physique des méridiens de la MTC, il y a d'importantes implications cliniques et de recherche. Plus précisément, si les preuves continuent de s'accumuler à l'appui de ce point de vue, les fascias devraient recevoir une plus grande attention à la fois dans le diagnostic et le traitement. (Yu Bai et Al. 2011).
La nouvelle recherche sur le fascia met en lumière les anciennes connaissances et en combinant les deux mondes, les thérapeutes disposent aujourd'hui d'un outil puissant pour aider les gens à mener une vie saine et épanouie. Comme l'a récemment proposé Luigi Stecco : le fascia est en effet la structure qui unit l'est et l'ouest.
Texte d'Elmar Pestel et Simon Bélair. International Fascia Acupuncture Research Institute
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Fascias et acupuncture : les méridiens
Simon Bélair
Les 8-9-10 novembre 2024 avait lieu le 12e congrès du CFMTC à Aix en Provence en France et réunissait des acupuncteurs et praticiens de médecine chinoise venus des 4 coins du monde pour partager leurs domaines d’expertises respectifs. Ce fut l’occasion de présenter mes recherches sur les fascias et l’acupuncture et plus précisément sur la notion souvent controversée des méridiens traditionnellement appelés jīng luò mài. La réception très positive du public et des professionnels présents à cette plénière a donné lieu à des échanges très riches et à des collaborations prometteuses.
Nei Jing : Le premier ouvrage anatomique de l’humanité
Le besoin de redéfinir les bases anatomiques et physiologiques du concept des méridiens jīng luò mài est urgent et nécessaire pour la reconnaissance de la pratique acupuncturale auprès du public et des différents intervenants du niveau thérapeutique, médical et politique.
Le concept des méridiens ou canaux est probablement celui qui a fait l’objet du plus grand nombre de spéculations et de débats depuis l’introduction de la médecine chinoise en occident. Ces trajets de Qi ‘’énergie’’ suscitent de nombreuses questions théoriques et pratiques depuis les premières traductions des textes fondateurs de la médecine chinoise par Georges Soulié de Morand il y presque 100 ans. Faute d’avoir un équivalent théorique et anatomique en occident, les tentatives de traduire un concept aussi complexe et profond a mené a des nombreuses incompréhensions et confusions autant au niveau du grand public que du côté médical et scientifique. Le langage énergétique adopté à l’époque, et qui perdure depuis nos premiers contacts avec l’acupuncture, ne correspond ni aux descriptions des textes médicaux chinois anciens ni à la réalité anatomique contemporaine.
Il est important de reconnaitre que la compréhension de l'anatomie qu’avait les théoriciens de la médecine chinoise antique était beaucoup plus claire que ce qui est généralement admis [1].
Le tout premier ouvrage de médecine chinoise : Le classique de l’empereur Jaune - (Huangdi Nèijīng), -168 est en effet considéré par plusieurs comme étant le tout premier ouvrage anatomique de l’humanité.
Le Nèijīng, dont certains chapitres ont été retrouvés dans leur intégralité lors de la découverte la tombe de Mawangdui enterrée dans le site archéologique de Changsha, dans la province de Hunan en Chine, contient effectivement des chapitres dédiés à des descriptions très précises des organes, du système musculo-squelettique, du réseau sanguin et également des méridiens jīng luò mài. Contrairement à la croyance populaire, des références claires aux dissections anatomiques y sont également bien présentes.
Ce compendium de médecine et de sciences naturelles offre de nouveaux paradigmes sur certains concepts fondamentaux tels que la santé, l’anatomie, la physiologie, la philosophie et la relation de l’humain à la nature et à son environnement [2].
Un réseau globalisant et intégré
Les termes jīng luò mài font référence à une trame organisationnelle, un réseau tissé, entrelacé et interconnecté. Ce système de distribution et de communication est central à l’organisation physiologique du corps lui permettant de fonctionner de manière globale et intégrée. Il est également important de comprendre que le système des méridiens se divise en deux grandes familles:
• Jing Jin (réseau myo-fascial) : Organisent et coordonnent le mouvement. Assurent la mobilité, le support, la contraction, la protection et la sensibilité de ses interfaces.
• Jing Luo Mai (réseau physiologique) : Système ''global et continu'' en interaction avec chaque cellule du corps et reliant l’interne et l’externe et les organes entre eux. Forme un réseau de stockage, de communication et de distribution du Qi et du sang.
Bien que le lien entre les méridiens d’acupuncture et les fascias ait été suggéré depuis longtemps [3] ce n'est que ces dernières années, avec l'explosion des nouvelles recherches sur la structure et la physiologie du fascia, qu'une nouvelle théorie, qui ne remplace pas, mais modifie le paradigme du ‘’Qi’’ en proposant une source d'explication sur les mécanismes de l’acupuncture et sur la nature des jīng luò mài [4].
Depuis le début du 21e siècle, le système fascial a graduellement fait son apparition avec comme qualités principales celles de la continuité et de la tridimensionnalité. Cette nouvelle définition des fascias et du corps humain nous permet désormais de considérer le corps humain dans sa globalité, c’est-à-dire tel un système décentralisé, sensible et contractile permettant au corps de fonctionner de manière globale et intégrée [5]. Cette définition s’arrime parfaitement avec celle du système des méridiens. Il existe également une correspondance presque parfaite entre les approches thérapeutiques des deux systèmes.
Du Micro au Macro
La relation entre les méridiens et les plans fasciaux a été largement documentée. [6,7]. La plupart de ces études se concentrent uniquement sur l’aspect macroscopique, structurel et palpable des fascias. Toutefois, un autre pan de la recherche sur les tissus conjonctifs est dédié à son anatomie microscopique. Ce réseau tridimensionnel s’étend non seulement autour de toutes les structures visibles du corps humain mais se ramifie également autour de chaque fibres musculaires, nerveuses et vaisseaux sanguins jusqu’au niveau de la matrice extracellulaire et de sa substance fondamentale [8]. Cet aspect des fascias encore peu étudié semble correspondre en plusieurs points au côté physiologique du réseau de distribution des méridiens jīng luò mài.
Les travaux de Jean Claude Guimberteau, nous parlent ainsi d’un réseau de stockage, de distribution et de communication dans lesquels sont entreposés et distribués les énergies, informations et matériaux [9]. Tandis que Neil Theise, dans sa publication sur l’intersticium, décrit des espaces remplis de liquides soumis à des cycles de compression et de distension, ayant des parois denses et poreuses en constante adaptation structurelle. Ses observations soulèvent des questions sur l'impact des forces mécaniques au niveau de l'écoulement des fluides dans les structures et les cellules de cet espace [10].
C’est à ce niveau que les correspondances avec le système circulatoire des méridiens jīng luò mài trouve une véritable hypothèse d’explication contemporaine. À ce niveau microscopique où l’on observe l’ensemble des échanges cellulaires et capillaires, se retrouve une matrice globale et continue capable de communication, de sensibilité et d’adaptation structurelle.
Perspectives thérapeutiques
Puisqu’il existe de nombreuses similarités anatomiques et physiologiques entre le système fascial et celui des méridiens d'acupuncture, la compréhension de l'anatomie et de l'organisation des fascias devrait donc être au centre du choix de la stratégie thérapeutique et des sites de ponctures. Ultimement, l’orientation principale de tout traitement réside dans la libre circulation et la perméabilité des interstices du corps afin d’assurer une irrigation des matrices extracellulaires pour un fonctionnement physiologique optimal.
La réalité anatomique et les propriétés surprenantes du système fascial nous offrent une formidable opportunité de vulgariser les connaissances d’un système médical trop longtemps marginalisé. La redéfinition et l’actualisation du concept des méridiens jīng luò mài pourrait enfin permettre aux différents acteurs de la santé de partager d’importantes connaissances et informations cliniques dans le but d’aider la santé humaine.
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Références
1 - Shaw V, Diogo R, Winder IC. Hiding in Plain Sight-ancient Chinese anatomy. Anat Rec. 2020;1–14.
2- Edward Neal, Journal of Chinese Medicine | Issue125 | February 2021 Twenty Years of Nèijīng Research: What Has Been Learned? Part 1. Background and Principles
3- Yu Bai, Jun Wang, Jin-peng Wu, Jing-xing Dai, Ou Sha, David Tai Wai Yew, Lin Yuan,and Qiu-ni Liang. “Review of Evidence Suggesting That the Fascia Network Could Be the Anatomical Basis for Acupoints and Meridians in the Human Body.” Hindawi Publishing Corporation Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine Volume 2011, Article ID 260510, 6 pages doi:10.1155/2011/260510
4- Steven Finando Ph.D., L.Ac. and Donna Finando, M.S., L.Ac., L.M.T, FASCIA: THE MEDIATING SYSTEM OF ACUPUNCTURE CLINICAL AND RESEARCH IMPLICATIONS Workshop Presented at the Second International Research Congress Vrije Universiteit, Amsterdam, October 31, 2009
5- Sue Adstrom, Gil Hedley, Robert Schleip, Carla Stecco, Can A Yucesoy, ‘’ Defining the fascial system’’, Journal of bodywork movement therapy, Jan 2017, 173-177, PMID: 28167173
6 -J. C. Longhurst, “Defining meridians: a modern basis of understanding,” JAMS Journal of Acupuncture and Meridian Studies, vol. 3, no. 2, pp. 67–74, 2010.
7- Guang-Jun Wang1, M. Hossein Ayati2, Wei-Bo Zhang1, Meridian Studies in China: A Systematic Review, Institute of Acupuncture and Moxibustion, China Academy of Chinese Medicine Science, Beijing, China, Acupuncture School, Beijing University of Chinese Medicine, Beijing, China, Acupunct Meridian Stud 2010;3(1):1−9, ELSEVIER
8- H. M. Langevin, N. A. Bouffard, G. J. Badger, J. C. Iatridis, and A. K. Howe, “Dynamic fibroblast cytoskeletal response to subcutaneous tissue stretch ex vivo and in vivo,” American Journal of Physiology, vol. 288, no. 3, pp. C747–C756, 2005.
9- J-C Guimberteau, C Armstrong, ‘’L'architecture du corps humain vivant: Le monde extracellulaire, les cellules et le fascia révélés par l'endoscopie.’’, Sully, France Canada; 2016.
Les troubles traités par l'acupuncture selon la science
Article de l’Association des acupuncteurs du Québec.
L'acupuncture a un champ d'action très vaste. Elle peut être utilisée pour des traitements préventifs, thérapeutiques ou complémentaires selon le cas.
L'accumulation de données probantes sur l'acupuncture permet maintenant de pouvoir mieux identifier les conditions qui y répondent en se basant sur des méta-analyses et revues systématiques de haut niveau. En tout 46 conditions ont été identifiées en 2017 comme ayant obtenu assez de données pour amorcer des conclusions fondées sur des recherches.
Les huit conditions suivantes, ont accumulé le plus haut niveau de preuve et celui-ci est suffisamment élevé et concluant pour que l’acupuncture puisse être dès lors recommandée et intégrée aux plans de traitement.
Allergies : rhinites allergiques saisonnières et perannuelles
Céphalées (maux de têtes) : céphalée de tension chronique ou céphalée épisodique chronique
Migraines : prévention des crises
Douleurs lombaires chroniques
Douleurs post-opératoires
Nausées et vomissements en postopératoire
Nausées et vomissements liés à la chimiothérapie (avec antiémétiques)
Ostéo-arthrite du genou
Dans le même ordre d'idée, l'acupuncture a également démontré un effet positif pour 38 autres conditions suite à des essais controlés randomnisés (ECR) individuels, des résultats d'ECR combinés ou méta-analyses. La qualité de la preuve est de niveau modéré à élevé. Les auteurs des recherches répertoriées concluent que l'utilisation de l'acupuncture peut également être considérée dans les traitements de ces conditions mais recommandent toutefois de continuer l'accumulation de recherches pour renforcer les résultats positifs obtenus.
Accident Vasculaire Cérébral (AVC)
Aiguë ;
Après AVC : douleur, insomnie, rééducation, spasticité ;
Anesthésie ambulatoire
Anesthésie craniotomie
Arrêt de tabac (3 mois)
Asthme chez l’adulte
Douleurs diverses
Cervicale ;
Coude (latérale) ;
Épaule (avec exercice) ;
Lombalgie aiguë ;
Prostatite ;
Syndrome de douleur pelvienne chronique ;
Sciatique ;
Talon et plante du pied ;
Temporo-mandibulaire (articulation) ;
Gastro-intestinale
Constipation ;
Syndrome de l’intestin irritable ;
Hypertension (avec médication)
Insomnie
Modulation du seuil de perception sensorielle
Obésité
Obstétrique
Douleurs dorsales ou pelviennes lors de la grossesse ou de l’accouchement
Œil sec
Oncologie
douleurs,
fatigue,
récupération après certaines chirurgies colorectales,
arthralgies liées à l’inhibiteur de l’aromatase
Trouble de stress post-traumatique
Syndrome des jambes sans repos
Ménopause
bouffées de chaleur, insomnie
Article de l’Association des acupuncteurs du Québec. Voir leur site pour les références.
Les allergies, traitées par l’acupuncture
Les allergies peuvent être traitées efficacement par l’acupuncture. En phase aiguë ou en prévention, le traitement d’acupuncture soulage les symptômes de l’allergie et régule le système immunitaire pour prévenir les accès futurs. Il est conseillé de consulter avant la période des allergies saisonnières afin d’obtenir les meilleurs résultats.

Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'Acupuncture
Voici la liste, émise en 2002 par l'Organisation mondiale de la Santé, des maladies, symptômes et conditions pour lesquels l’acupuncture s’est révélée un traitement efficace lors de recherches cliniques contrôlées
(Répertoriée en ordre alphabétique) :
Arthrite rhumatoïde
Céphalées et migraines
Cervicalgies
Colique biliaire
Colite néphrétique
Déclanchement du travail
Dépression
Diarrhée
Douleurs faciales, incluant les problèmes cranio mandibulaires
Douleurs post chirurgicales
Dysménorrhée primaire
Effets secondaires de radio et chimiothérapie
Entorses
Gastralgie (ulcère peptique, gastrite aigue et chronique, crampes gastriques)
Hypertension primaire
Hypotension primaire
Leucopénie
Lombalgies
Nausées matinales
Ostéo arthrite de l’épaule
Ostéo arthrite du genou et douleurs rhumatismales
Rhinite allergique
Sciatalgies
Tendinites
Version fœtale
Source: Ordre des acupuncteurs du Québec
Lien vers l'OAQ
RAPPORT présenté au Commissaire de la Santé et du Bien-être : page 16
Lien vers le rapport
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Academic Consortium for Integrative Medicine & Health Commentary to CMS; RE: National Coverage Analysis (NCA) Tracking Sheet for Acupuncture for Chronic Low Back Pain
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Données probantes et méta-analyses à propos de l'acupuncture
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Médecine intégrative : la pierre d’assise d’une santé durable
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Crise des opioïdes : L’acupuncture, une solution non pharmacologique dans la gestion de la douleur
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scientific evidence based acupuncture